Saviez-vous qu'un voyageur sur dix voit ses médicaments confisqués à la douane, et qu'un sur cinq oublie au moins une dose durant son séjour ?
Si la préparation d’une expédition passe souvent par le choix des plages ou des sentiers, la gestion de votre trousse de pharmacie est pourtant un pilier crucial de votre sécurité.
Voici les sept erreurs les plus fréquentes à ne jamais commettre et les bonnes pratiques pour voyager l'esprit tranquille.
Ignorer la législation locale
Un simple sirop pour la toux ou un antidouleur en vente libre chez vous peut être considéré comme une substance illégale ailleurs.
Le Tylenol avec codéine est interdit au Japon et en Indonésie. Le Tramadol est classé comme stupéfiant dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Même certains traitements pour le TDAH (comme le Ritalin) exigent des autorisations spéciales en Thaïlande ou à Dubaï.
Demandez à votre médecin une lettre en anglais précisant votre diagnostic, le nom du médicament (molécule) et la posologie. Gardez ce document avec votre passeport.
Voyager sans les emballages d'origine
Transvaser vos pilules dans un pilulier générique pour gagner de la place est risqué. Pour un douanier, un comprimé blanc sans étiquette est suspect.
Conservez toujours vos médicaments dans leur emballage d'origine avec l'étiquette de la pharmacie visible (nom, dosage, date). Placez le tout dans un sac transparent pour faciliter les contrôles.

Négliger le décalage horaire
Changer de fuseau horaire déstabilise les traitements à prise fixe, comme l'insuline, les contraceptifs oraux ou les antiépileptiques. Un décalage de 8 heures peut annuler l'efficacité d'une protection ou provoquer une crise.
Consultez votre pharmacien avant le départ pour planifier l'ajustement des prises. Programmez une alarme sur votre téléphone en heure locale dès votre arrivée.
Placer ses médicaments essentiels en soute
Selon l'IATA, plus de 2 millions de bagages sont mal acheminés chaque jour. Si votre inhalateur ou votre EpiPen reste bloqué dans une escale à l'autre bout du monde, votre vie peut être en danger.
Gardez tous vos médicaments vitaux dans votre bagage cabine. Prévoyez toujours une réserve supplémentaire de 3 à 5 jours pour pallier les retards de vol.
Acheter des médicaments n'importe où
Selon l’OMS, dans certains pays à revenus faibles ou intermédiaires, un médicament sur dix est une contrefaçon ou est sous-dosé.
Des antibiotiques frelatés ou de faux antipaludiques peuvent mener à une hospitalisation lourde.
Apportez votre propre stock. Si vous devez acheter sur place, privilégiez uniquement les pharmacies hospitalières ou les grandes chaînes internationales.

Exposer la trousse à des températures extrêmes
À plus de 35 °C, l'insuline peut perdre 30 % de son efficacité en 24 heures. Les antibiotiques liquides et les pilules contraceptives sont également très sensibles à la chaleur.
Ne laissez jamais vos médicaments dans une voiture ou près d'une source de chaleur. Utilisez une pochette isotherme pour vos déplacements dans les pays chauds.
Le mélange alcool et médicaments
En vacances, la tentation est grande, mais l'alcool modifie l'absorption des molécules. Le mélange avec des antibiotiques, des antidépresseurs ou des somnifères peut causer des nausées sévères ou des pertes de conscience.
Abstenez-vous de consommer de l'alcool si votre traitement l'exige. Ne modifiez jamais votre posologie pour "boire un verre", même si vous vous sentez bien.
Votre aventure mérite d'être vécue sans interruption médicale. Une bonne préparation administrative et logistique de vos médicaments est aussi importante que votre itinéraire. Vérifiez la législation, préparez vos documents et conservez vos traitements à portée de main.